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REPORT
AGE
REPORT
AGE
I
ls s’appellent
Eretmocerus ere-
micus
,
Encarsia formosa
ou
Nesidiocoris tenuis
. Ce sont les
soldats d’une guerre discrète qui
se déroule dans les champs et sous
les serres de nos agriculteurs. L’une de
leurs principales cibles est l’aleurode,
ou mouche blanche, qui sévit principa-
lement sur les cultures maraîchères. En
suçant la sève des plantes, ce parasite
les appauvrit progressivement jusqu’à
les tuer. Or,
Eretmocerus eremicus
et
Encarsia formosa
adorent pondre
leurs œufs dans les larves de l’aleurode,
ce qui a pour effet de les tuer.
Nesidio-
coris tenuis,
en revanche, se régale de
l’aleurode, sans même prendre le temps
d’y pondre ses œufs auparavant. La
guerre est donc déclarée. Aux manettes
de ce conflit macroscopique, on trouve
la Biofabrique. L’entité créée en 2008
dépend de la Direction du développe-
ment rural (DDR de la province Sud).
Elle a pour mission d’élever des insectes
capables de combattre les principaux
ravageurs des cultures calédoniennes,
évitant ainsi l’utilisation de produits
phytosanitaires. «
Les agriculteurs ont
identifié les principales menaces :
aleurodes, thrips, mouches mi-
neuses, acariens, pucerons et coche-
nilles
», liste Bruno Gatimel, respon-
sable de la Biofabrique. Au commence-
ment de l’aventure, l’entité s’est d’abord
concentrée sur la lutte contre l’aleu-
rode, ou mouche blanche. «
Mettre au
point un moyen de lutte biologique,
c’est un peu comme concevoir un
médicament, cela prend trois à cinq
ans
», précise-t-il. Trois auxiliaires – ou
ennemis – de l’aleurode sont élevés au
sein de la Biofabrique. Le processus est
Armés pour
la lutte
biologique
Sous des serres à Saint-Louis, la Biofabrique de la province
Sud élève des millions d’insectes. Leur mission ? Détruire les
parasites qui ravagent les cultures maraîchères et permettre
ainsi de réduire l’usage de produits chimiques.
© A-E. D.