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PORTR

AIT

PORTR

AIT

P

osez une question sur son

parcours ou ses opinions

à Milo Poaniewa, il vous

répondra par «

Nous, à

l’Usoenc…

». L’homme ne

cherche pas à esquiver les questions, il

continue juste de jouer collectif, comme

le lui ont appris les « aînés » du syndi-

cat, qu’il cite souvent. À 21 ans, Milo

Poaniewa entre à la SLN, au service mé-

canique et installations fixes. À 22 ans,

il devient adhérent du Soenc nickel.

Il ne quittera ni l’un ni l’autre tout au

long de sa carrière. «

J’ai découvert le

monde du travail

via

la plus grosse

entreprise du territoire. C’était im-

pressionnant de côtoyer autant de

monde, de voir les grosses pelles pas-

ser et de travailler au sein même de

l’usine…

», se souvient-il.

G

RÈVE

L’année de son arrivée, il découvre aussi

son premier blocage : portails fermés,

usine inaccessible. Impossible pour le

jeune ouvrier de prendre son poste.

Au pied du piquet de grève, il a donc le

temps de s’informer sur les revendica-

tions de ses collègues.

Cinq ans plus tard, Milo Poaniewa est

délégué du personnel suppléant et

membre du bureau du Soenc. «

Quand

j’ai présenté ma première candida-

ture, Gaston Hmeun, le secrétaire

général du Soenc nickel, m’a dit :

‘’il

faudra être sérieux, ce ne sera pas facile.

Le syndicat risque parfois d’empiéter

sur ta vie de famille et tu n’auras plus de

promotion professionnelle.’’

Je ne com-

prenais pas trop dans quoi je m’en-

gageais, mais j’avais envie d’aider

mes collègues…

» Milo Poaniewa entre

vite dans le vif du sujet : quelques mois

plus tard, la SLN connaît un conflit lié

à la question de l’intéressement. «

Les

aînés nous ont annoncé que les dis-

cussions avec la direction n’avaient

pas abouti. Ils ont demandé aux nou-

veaux délégués d’aller aux portails

Sud et Nord pour bloquer l’usine. On

y est resté trente-six jours. Au début,

c’est excitant car c’est nouveau, mais

il y a aussi des craintes, comme celle

de se faire licencier.

»

En tant que nouvel élu, Milo Poaniewa

bénéficie des formations de la CFDT,

organisation sœur de l’Usoenc. À l’ap-

prentissage théorique, s’ajoute celui du

terrain… «

Lors d’un conseil syndi-

cal, j’ai rapporté au Soenc nickel que

la SLN avait recours un peu trop sou-

vent aux intérimaires, selon nous.

Le secrétaire général m’a répondu

que la solution ne se trouvait pas

dans cette salle mais sur le terrain.

Il m’a dit d’aller parler aux gens et

d’essayer de comprendre le problème

avant de venir le soulever en réu-

nion. C’était formateur ça aussi !

»,

reconnaît-il maintenant. C’est d’ailleurs

la partie du « job » qui le séduit le plus :

le contact avec les collègues et les adhé-

rents, se sentir « utile », et être associé

à la gestion de l’entreprise

via

ses man-

dats au comité d’entreprise notamment.

S

UCCESSION

Autant dire que Milo Poaniewa n’avait

pas vraiment prévu de se retrouver plus

loin du terrain, là-haut dans un bureau

du siège de l’Usoenc à Ducos, en tant

que secrétaire général. «

Je n’étais pas

préposé au poste. Les secrétaires gé-

néraux du Soenc nickel ont toujours

été secrétaire adjoint de l’Usoenc,

mais jamais secrétaire général.

Ce n’était pas mon parcours d’être

secrétaire général de l’Usoenc

»,

affirme-t-il encore aujourd’hui. Pour

préparer sa succession, Didier Gué-

nant-Jeanson avait demandé à chaque

Soenc de fournir des noms de candi-

dats potentiels. «

Mon équipe a donné

ESPRIT

d’équipe

En octobre dernier, Milo Poaniewa est devenu secrétaire général de

l’Usoenc. Calme, discret mais très engagé, le nouveau patron a pris sa carte

de syndicaliste il y a plus de trente ans. Depuis, il a grimpé tous les échelons,

à la force de ses convictions.

M

ILO

P

OANIEWA

,

SECRÉTAIRE

GÉNÉRAL

DE

L

’U

SOENC