

-
47
-
NANDAÏ
REVIT
Le camp de Nandaï, à Bourail, a retrouvé sa raison d’être : 140
hommes de la compagnie motorisée du Rimap-NC y ont pris
leurs quartiers. L’intérêt est bien sûr militaire, mais il est aussi,
pour la commune, économique. Reportage au cœur d’un univers
sous bonne garde.
REPORT
AGE
REPORT
AGE
Texte
Sophie Pecquet |
Photos
Aude-Emilie Dorion
À
que l ques k i l omè t res
de Bourail, sur la RT1
en montant vers Koné,
un panneau annonce
« Camp de Nandaï ». Un
grillage, quelques bâtiments défraîchis
en bordure de route, puis l’entrée
du camp, signalée par l’emblème du
Régiment d’infanterie de marine du
Pacifique Nouvelle-Calédonie et le
corbeau aux ailes déployées de celui du
détachement de Nandaï. Pendant six
ans, le camp est resté orphelin d’une
compagnie. Des hommes l’occupaient
pour assurer la surveillance du site, mais
rien à voir avec l’époque florissante où
quelque 250 militaires s’y trouvaient,
dont les appelés locaux effectuant leur
service national. En 2010, des raisons
vraisemblablement budgétaires ont
eu raison de l’occupation étendue
du camp. Seule la présence du dépôt
de munitions des Forces armées de
Nouvelle-Calédonie – un vrai bunker –
nécessitait d’y maintenir une quarantaine
d’hommes.
Et puis en juillet dernier, c’est un
retour en force qui s’est opéré. La
compagnie motorisée du Rimap-NC et
ses 140 hommes ont pris leurs quartiers
à Nandaï. Une cérémonie a officialisé ce
repeuplement, le 12 juillet. Un moment
symbolique pour les militaires comme
pour les Bouraillais, au premier rang
desquels Brigitte El Arbi. La première
édile de la commune réclamait ce retour
«
à cor et à cri, depuis longtemps
».
Elle y voit «
un atout économique
»,
avec «
un impact sur les commerces
et établissements touristiques
», en
plus d’un «
sentiment de sécurité
», y
compris face à la menace cyclonique,
et d’un rôle dans l’aménagement du
territoire à travers les chantiers de
nettoyage des sites du patrimoine ou de
débroussaillage dans les tribus.
E
SPACE D
’
ENTRAÎNEMENT
Car la particularité du camp de Nandaï,
idéalement situé au centre de la côte
Ouest, à distance raisonnable de tous les
points de l’île, est d’être tourné vers les
populations. C’est en tout cas l’esprit qui
guide le commandant Vandenborre, qui a
pris la tête du détachement et souhaite
travailler avec les autorités locales et
coutumières.
«
L’avantage de Nandaï par rapport à
Plum est sa position géographique, qui
permet de rayonner sur l’ensemble de
la Grande Terre et d'intervenir au plus
vite en cas de catastrophes naturelles.
De plus, c’est un point de départ idéal
pour les “tournées de province” de la
compagnie motorisée : des engagés
locaux nous mettent en relation avec
les tribus quand il faut par exemple
rénover une école ou construire un