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À
l’origine de la création d’Apesa (Aide
psychologique aux entrepreneurs en
souffrance aiguë), il y a un drame que
raconte Betty Levanqué, gérante du Café
immobilier et juge consulaire au tribunal
mixte de commerce depuis quinze ans. «
L’année
dernière, nous devions recevoir en audience un
gérant qui avait un retard de paiement dans son plan
de redressement judiciaire. Il n’est jamais venu car
il s’était pendu durant le week-end dans son bureau,
raconte-t-elle encore émue
. Un représentant des salariés
de son entreprise est venu témoigner au tribunal du
courage de son patron, de sa bataille pour réussir à
payer ses employés. La manière dont il a défendu son
patron m’a beaucoup touchée. Aujourd’hui encore,
le redressement judiciaire est vécu par beaucoup de
chefs d’entreprise comme une honte, alors que c’est,
au contraire, une aide qu’on leur apporte. Les juges
consulaires sont bénévole s, ils sont là pour aider, pas
pour punir
», témoigne-t-elle.
E
NTREPRENEURS
EN
SOUFFRANCE
De retour chez elle, la juge consulaire exprime son
désarroi sur Facebook. Elle reçoit alors la réponse d’une
ancienne présidente du tribunal mixte de commerce,
désormais en poste à la cour d’appel de Pau. «
C’est ainsi
que j’ai appris l’existence de l’association Apesa, qui
se développe dans les tribunaux en France depuis
Se former pour aider
les chefs d'entreprise
L’association Apesa vient de naître. Sa mission : former des sentinelles pour
repérer les signes de détresse chez les chefs d’entreprise en difficulté. Les
banquiers, les huissiers de justice, les avocats, les comptables sont concernés.
© Blandine Guillet
FORM
ATION
FORM
ATION
Betty Levanqué, gérante du Café
immobilier, est à l’origine de la création
d’Apesa en Nouvelle-Calédonie.