

PORTR
AIT
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n’avais pas de sous, et je cherchais
un terrain pour m’installer… Pas
facile ! Heureusement que j’étais
formée, sinon on n’aurait jamais fait
confiance à une jeune femme. J’ai
eu de la chance
», estime-t-elle. Après
avoir travaillé dans des exploitations
locales, Claudine Verger lance sa propre
exploitation, sur une vingtaine d’hectares
pour commencer. «
Je travaillais la
nuit, dans le privé, et je préparais
mon exploitation la journée. Je ne
dormais pas beaucoup !
» Grâce à son
énergie, son exploitation est passée de
23 hectares à 220 hectares en dix ans.
« n
e
pas
s
’
endetter
»
«
C’est vrai que j’ai de l’énergie
à revendre. Mon secret, c’est de
commencer chaque journée par
une bonne prière. Quand certains
apprentis traînent un peu la patte, je
les motive en disant qu’on ne va pas
travailler mais que l’on va faire du
sport. C’est comme ça qu’on garde la
forme !
» Au sein de son exploitation,
Claudine Verger a accueilli plus de
cinquante apprentis. «
Il ne faut pas
être égoïste. C’est important de
transmettre et de partager, sinon on
ne peut pas porter cela
», explique-
t-elle en touchant la croix dorée
autour de son cou. «
J’apprends trois
choses à mes stagiaires : produire,
ne pas empoisonner les gens avec
des produits chimiques, et ne pas
s’endetter. Il y a de plus en plus de
gens à nourrir dans le pays et de
moins en moins d’agriculteurs.
Il faut donc que l’on produise
davantage car se nourrir avec de
l’import, ce n’est pas la solution. Mais
il ne faut pas produire n’importe
comment
», estime-t-elle. Pour porter
son message, l’agricultrice s'investit au
sein de la Chambre d’agriculture, où
elle est élue pour un deuxième mandat
au poste de vice-présidente de la
Chambre. Pour mettre ses convictions
en pratique, elle envisage d’étendre
encore son exploitation et de défricher
de nouvelles parcelles. Objectif ?
«
Nourrir les Calédoniens avec de
bons produits
».
Outre sa casquette d’élue
de la Chambre d’agriculture,
Claudine Verger porte aussi
une casquette d’élue à la
mairie du Mont-Dore. Elle
y est adjointe en charge du
développement économique,
et a notamment porté le projet
du marché. «
Maintenant,
nous voudrions y faire venir
les croisiéristes pour faire
vivre le marché en semaine.
Le Mont-Dore bouge, nous
ouv r ons une nouv e l l e
tranche de lots dans la zone
industrielle, par exemple.
J’adore ce que je fais, j’essaie
d’être à l’écoute des gens, de
faire remonter les problèmes
de manière efficace. Le
développement économique,
on le fait sur le terrain, près
des gens. Si je devais rester
dans un bureau, ce ne serait
pas la peine !
»
ÉLUE AU MONT-DORE
“
Il y a plus
de gens à
nourrir dans le
pays et moins
d’agriculteurs
”
© Théo Rouby
Claudine Verger cultive des ignames
qu’elle vend directement aux
consommateurs pour les coutumes.