

REPORT
AGE
RSMA
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tent les minéraliers. C’est l’une des
seules formations du RSMA sanction-
née par un diplôme grâce à un parte-
nariat avec l’Ecole des métiers de la
mer. Un des professeurs de l’école est
venu dispenser un cours aujourd’hui.
Sur le tableau est affiché un schéma
d’une installation fixe au CO2. Objec-
tif ? Savoir combattre un incendie à
bord. «
Maintenant, on va passer
en revue les moyens d’intervention
mobiles
», prévient le professeur pour
que les stagiaires tournent la page de
leur livret de cours. À leur sortie, ces
jeunes auront un travail quasiment
garanti, mais avec le statut d’intermit-
tent, spécifique de ce secteur d’acti-
vité. Le RSMA ne pourra donc pas
les comptabiliser comme « insérés ».
C’est la limite du système appliqué à la
Nouvelle-Calédonie. Les jeunes « insé-
rés » sont ceux qui partent du RSMA
avec un CDI ou un CDD en poche ; ou
bien ceux qui poursuivent vers une
formation professionnelle. Quid des
autres ? Ils ne sont pourtant pas tous
« perdus ».
M
ÉCONNU
Dans la filière des métiers de la terre,
plusieurs jeunes sont retournés en tri-
bu, certes sans contrat, mais avec un
projet. «
Un jeune de Maré est rentré
chez lui, où il a des responsabilités
coutumières. Ses parents étaient
hyper contents car leur fils s’est
beaucoup ouvert, ils m’ont dit qu’il
avait installé des champs partout. Il
est sociabilisé, il joue un rôle pour
le collectif, on a donc rempli notre
mission mais ce n’est pas reconnu
par les statistiques
», regrette le chef
de corps Vincent Latunina, Calédonien
d’origine. Et les chiffres comptent.
Sous la présidence de Nicolas Sarkozy,
le service militaire adapté a vu son ob-
jectif de recrutement doubler, passant
de 3 000 à 6 000 recrues environ pour
tout l’Outre-Mer. Des recrues qu’il faut
parvenir à « insérer » pour que la mis-
sion soit accomplie. «
En 2015, nous
avons eu un taux de 67 % d’inser-
tion globale. C’est moins qu’en 2014
où nous avions dépassé les 70 %.
Nous avons fortement ressenti le ra-
lentissement économique
», souligne
le commandant Fabien Paul. «
Par
exemple, Vale NC nous a pris moins
de stagiaires que d’habitude
. » Cer-
taines entreprises sont des fidèles du
RSMA, comme le groupe Géant Casino
ou le groupe Cuenet. Mais le disposi-
tif est encore méconnu de la plupart
des entreprises. «
Nous avons un
bon carnet d’adresses mais nous
ne sommes pas attendus à bras
ouverts. Nous ne sommes pas assez
connus des patrons, nous allons
essayer de communiquer davantage
C’est le nombre de stagiaires
qui passeront dans les rangs du
RSMA cette année, sans compter
les volontaires techniques. Le
chiffre devrait s’élever à 445 en
2017, selon les objectifs définis.
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Tout comme Lydie, les stagiaires des métiers de la
terre découvrent à la fois l’élevage et l’abattage, la
sylviculture, le maraîchage et les travaux paysagers.
46 % des stagiaires
du RSMA sont des
filles.