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SO
CIAL
SO
CIAL
“
L
e diable est dans les
détails.
» C’est ainsi
que Jacques Robert,
cardiologue et repré-
sentant de l’intersyn-
dicale du CHT, résume les inquiétudes
sur l’année à venir. Il y a d’abord le
déménagement lui-même. La marche à
blanc du Médipôle a été sécurisée avec
le vote du Congrès mi-janvier d’un taux
directeur à 7,1 % (pour les dépenses
hospitalières publiques). «
C’est une
sécurisation minimale mais insuf-
fisante
», estime-t-il. Le membre du
Syndicat des médecins et pharmaciens
hospitaliers craint «
la pochette-sur-
prise
» au moment de l’emménagement.
«
Nous n’avons aucun budget tam-
pon s’il y a des corrections à apporter
pour le fonctionnement du Médipôle.
Nous jouons aux funambules
», dé-
nonce-t il. «
Ce n’est pas qu’une ques-
tion de moyen,
répond Dominique Che-
veau, le directeur du CHT
. C’est aussi
une question de management, il faut
changer notre mode de gouvernance,
et profiter du déménagement pour le
faire.
» Pour le directeur, la gestion par
pôles médicaux a montré ses limites en
Métropole. Il regarde donc du côté des
hôpitaux anglo-saxons, gérés par un bi-
nôme directeur administratif/directeur
médical. «
Le corps médical n’est pas
prêt
», reconnaît-il. Mais la réflexion est
en cours avec le personnel.
“ R
ESPECTER
LE BUDGET
”
Du côté des effectifs, les infirmiers
concentrent les inquiétudes de l’inter-
syndicale. «
Le Médipôle n’embauche-
ra pas un seul infirmier supplémen-
taire alors qu’il y aura davantage de
lits. Certes, des aides-soignants vont
être recrutés mais ce ne sont pas des
postes interchangeables,
explique le
cardiologue
. L’hôpital vit déjà à cré-
dit sur le dos de son personnel. Cer-
taines infirmières ont 120 heures de
récupération qu’elles ne peuvent pas
prendre à cause du sous-effectif. Or,
en 2016, le budget de remplacement
a chuté de 150 millions de francs.
»
«
Lorsqu’on travaille dans un hôpi-
tal, on n’est jamais satisfait car l’on
peut toujours mieux faire. Mais ma
responsabilité, c’est de respecter le
budget,
répond Dominique Cheveau.
Je ferai preuve d’une vigilance per-
manente tout au long de l’année pour
maintenir la cohésion de l’établis-
sement. Je n’irai pas au conflit avec
les partenaires sociaux. Pour réussir
cette aventure, nous devons être soli-
daires
. »
Pour les professions médicales, l’issue
se trouve dans l’instauration d’une taxe
sur les boissons sucrées et alcoolisées.
«
Cela aurait un double bénéfice :
faire baisser la consommation de
ces produits et donc faire baisser les
coûts médicaux liés au diabète no-
tamment. Cela représenterait aussi
une nouvelle source de recette pour le
budget de la santé
», décrit Jacques Ro-
bert. Mais il semble peu probable qu’une
telle mesure soit adoptée rapidement.
La bouffée d’oxygène pour le budget de
la santé ne sera pas pour cette année.
CHT
Une année
chargée
Déménagement au Médipôle, sous-effectif, manque de budget… Les sujets
sociaux ne manquent pas au CHT. Le mois de janvier aura été mouvementé,
le reste de l’année risque d’être animé lui aussi.
“
L’hôpital vit à
crédit sur le dos de
son personnel
”
© Secal