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S

ur une surface de

11 m

2

, nous pouvons

produire 300 kg de

fourrage par jour, en

utilisant 500 litres

d’eau. On est très loin de la consom-

mation d’eau des cultures de maïs qui

est 200 à 300 fois supérieure.

» David

Robert, cogérant de Néogreen au côté

de Clément Malartre, assure que le sys-

tème importé par leur société présente

un double avantage : celui de réduire à

la fois le problème du foncier et celui

de la consommation d’eau. Ces deux

jeunes ingénieurs en génie mécanique,

débarqués sur le Caillou il y a huit ans,

ont décidé de lancer leur société voici un

an et demi. «

En juin 2014, en pleine

période de sécheresse, on entendait

beaucoup parler des problèmes d’ali-

mentation du bétail. L’hydroponie est

utilisée pour le maraîchage, on s’est

dit pourquoi ne pas l’utiliser pour

l’alimentation animale ?

», raconte Da-

vid Robert. Après six mois de recherche,

les associés trouvent le système adéquat

chez nos voisins australiens.

S

IX

JOURS

Sur plusieurs étages, des plateaux sont

superposés dans ce qui ressemble à une

chambre froide, régulée à 21 degrés. À

l’entrée, les graines d’orge sont dispo-

sées, arrosées à intervalles réguliers par

une sorte de brumisateur. Chaque jour,

les plateaux avancent d’un cran vers la

sortie. En six jours, les graines du pla-

teau sont germées et transformées en

fourrage frais, prêt à être consommé.

Dans ce caisson, 60 kg de graines sont

transformés quotidiennement en 300 kg

de fourrage. «

Il faudrait dix hectares

de luzerne pour obtenir une alimenta-

tion équivalente, et beaucoup d’eau

»,

estime David Robert. Outre les pousses,

les animaux peuvent aussi consommer

le système racinaire, hautement nutritif.

«

Le taux d’enzymes, de vitamines et

Du fourrage frais

en pleine sécheresse

Faire germer des graines d’orge grâce à l’hydroponie, c’est le concept importé

d’Australie par deux jeunes ingénieurs. Leur société Néogreen promet du

fourrage frais toute l’année, avec une utilisation économe de l’eau.

CULTURE

AGRI

David Robert (photo) et

son associé ont importé le

dispositif d’Australie, « un

pays modèle pour les éleveurs

calédoniens ».

© Blandine Guillet