Previous Page  21 / 68 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 21 / 68 Next Page
Page Background

-

21

-

DOS

SIER

DOS

SIER

A

u début des années 1990,

deux employés de Ro-

zanne Passion Beauté

s’associent pour racheter

l’enseigne à leur patron.

Christine Carré, assistante de direction,

et Gérard Cros, du service informa-

tique, découvrent alors l’entreprise, de

l’autre côté de la barrière. «

Je n’ai pas

fait de grande école de commerce. Je

me suis appuyée sur ma

bonne connaissance de

l’entreprise et sur l’équipe

en place

», se souvient

Christine Carré. Mais pas-

ser de collègue à patronne

n’est pas si facile que cela…

«

Je pensais pouvoir gérer

l’entreprise comme on gère une fa-

mille. Je pensais qu’avec de la gentil-

lesse on pouvait obtenir beaucoup de

choses. Donc, je maternais beaucoup

mon équipe, j’étais très à l’écoute.

»

En 1996, l’entreprise est placée en re-

dressement judiciaire, puis déménage

dans la foulée à l’espace Ballande, rue

de l’Alma. «

Le redressement nous a

beaucoup appris car nous étions

bien encadrés. Le déménagement,

lui, nous a amené un flux important

de clients. Nous avons donc sauve-

gardé tous les emplois, mais je crou-

lais sous le travail. La parfumerie

était mon bébé, je n’arrivais pas à

déléguer.

»

E

NTREPRISE

CADENASSÉE

Au bord du burn-out, Christine Carré

voit la candidature d’une chef d’équipe

expérimentée comme une occasion

rêvée. «

Cette jeune femme arrivait

de Métropole, avec des méthodes très

rigoureuses. Elle a voulu mettre en

place des règles plus strictes alors

que j’avais toujours chouchouté mon

équipe. Le changement était trop

radical et cela a créé un conflit dans

l’entreprise.

» Au début des années

2000, Christine Carré voit son entre-

prise cadenassée par les syndicats,

la situation est très tendue. «

Soit je

vendais mon entreprise, soit je cher-

chais à comprendre la raison du

blocage.

» La patronne fait donc appel

à Maëlys Biscarlet, du cabinet conseils

Livingstone, pour se faire aider. «

Grâce

à elle, j’ai pris du recul et j’ai réalisé

que le parachutage d’une Métropo-

litaine dans mon équipe n’était pas

une bonne idée. Elle m’a ensuite coa-

chée pour mener toutes les réunions

avec les syndicats pour aboutir à des

accords sociaux. J’étais perdue et

effrayée mais il fallait bien tenir la

barre.

»

« A

SSUMER MON

RÔLE

»

De son expérience « douloureuse »,

Christine Carré estime avoir beaucoup

appris. «

J’ai mis plus de rigueur et

de méthode dans mon management.

J’ai assumé mon rôle de dirigeant

d’entreprise et trouvé ma place, tout

en conservant ma proximité avec

mon équipe. Auparavant, j’avais

beaucoup de mal à faire des re-

marques à mes employés sur la qua-

lité de leur travail. Désormais, je sais

les recevoir en entretien afin de trou-

ver une solution ensemble aux points

que je souhaite améliorer. Avant,

j’envoyais des notes de ser-

vice à tout va. Aujourd’hui,

je prends le temps d’analy-

ser plus finement les consé-

quences de mes décisions.

Tout cela n’aurait pas pu

se faire sans une remise en

question. C’est un passage

obligé.

» Christine Carré a également

promu l’une de ses salariées au poste

d’assistante de direction, en charge de

la gestion du personnel. «

Mais avant

de lui confier cette responsabilité,

j’ai demandé à Maëlys Biscarlet de

la former au management. Moi, j’ai

appris sur le terrain avec la manière

forte, je ne voulais pas reproduire les

mêmes erreurs.

» Depuis une dizaine

d’années, l’entreprise a trouvé son

rythme de croisière autant du côté du

chiffre d’affaires que du côté des em-

ployés.

L’éclosion

d’une manager

Je pensais pouvoir gérer

l’entreprise comme on gère

une famille.

C

HRISTINE

C

ARRÉ

,

GÉRANTE

DE

R

OZANNE

P

ASSION

B

EAUTÉ

© Blandine Guillet