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mation unique qui fait un manager,

c’est un travail de longue haleine.

On ne fait pas bouger les lignes en

une année. Ce qui est intéressant,

c’est que les cadres et

les agents de maîtrise

ont pris conscience que

le management n’est

pas quelque chose qui

se fait à part, le mana-

gement doit être totale-

ment intégré dans leur

fonction

», analyse-t-elle. «

Le résultat

de ces formations varie fortement

d'un individu à l'autre. Certains

s'emparent des outils rapidement

et les mettent en œuvre avec succès.

D'autres restent réticents à l'idée

d'appliquer des comportements nou-

veaux ou ont tendance à attendre le

changement chez les autres,

déve-

loppe Paul Deligny, qui a dispensé la

formation aux cadres d’Enercal

. Je

pense que la plupart des entreprises

ont pris conscience de l'importance

des comportements managériaux.

Elles font de plus en plus appel à nos

services pour former leurs managers.

Le revers de cette prise

de conscience, c'est la

croyance que le mana-

ger peut tout régler et

tout régenter

», ajoute-

t-il. Le manager n’est pas

un faiseur de miracle ; la

bonne marche de l’équipe

ne peut pas reposer uniquement sur

ses épaules. Mais sans un bon manager,

difficile de trouver un équilibre au sein

de l’entreprise.

Samuel Hnepeune,

ou la vertu du terrain

DOS

SIER

DOS

SIER

Sur deux ans, Enercal va

former au management tous ses

cadres et chefs d’équipe.

À

54 ans, Samuel Hnepeune a déjà dirigé plu-

sieurs structures au fragile équilibre, dont la

Sodil. En 2013, il prend la tête d’Air Calé-

donie en tant que PDG. Une mission délicate dans

une entreprise aux relations sociales très tendues.

«

Quand je suis arrivé chez Air Calédonie, j’ai

demandé un trombinoscope avec les 400 employés

de l’entreprise. J’ai appris le nom de chacun des

salariés. Quand je serre la main d’un mécani-

cien, je veux pouvoir l’appeler par son prénom

»,

raconte-t-il. Celui qui prône un management « pro-

fondément humain » est ainsi parvenu à signer un

pacte social au sein de l’entreprise quelques mois

après son arrivée. Pas question pour autant de cou-

per la communication une fois la signature appo-

sée. Le PDG en a même fait sa marque de fabrique :

«

À mon retour de congé, lundi 4 janvier, je n’ai

rien fait d’autre que de faire le tour des différents

sites de l’entreprise pour souhaiter les vœux. J’ai

terminé ma tournée le mardi matin. Ça m’a pris

un jour et demi où je n’ai fait que cela, mais ce

n’était pas du temps perdu

», estime-t-il.

© Aude-Emilie Dorion