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tout en dynamisant le secteur agroa-
limentaire. Qu’il s’agisse de valoriser
la production agricole brute ou de
produits à valeur ajoutée « made in
Vanuatu ».
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Les entreprises internationales
chargées de reconstruire le pays
sous-traitent-elles avec des en-
treprises locales ?
Nous n’avons pour l’instant pas de
système de partenariat permettant de
contraindre les grandes entreprises à
réaliser de la sous-traitance avec nos
PME. À mon sens, il ne s’agit pas là de
prendre des décisions administratives,
mais d’en appeler à des changements
de mentalité chez les dirigeants de ces
entreprises. À l’instar de ce qui se fait
dans d’autres pays, ces entreprises
fonctionnent d’ailleurs avec une part
de fonds publics. Il serait intéressant
qu’elles s’appuient sur notre tissu
d’entreprises locales lorsqu’elles sont
mandatées sur des gros chantiers. Ces
partenariats ou sous-traitances crée-
raient une vraie dynamique pour le
marché des entreprises industrielles
vanuataises, un secteur qui reste en-
core fragile.
>
Les PME et PMI vanuataises
sont-elles un facteur clé de la
croissance et de l’emploi ?
Pour l’instant, il n’y a aucune distinc-
tion entre les grandes et les petites
entreprises. Ni sur le plan admi-
nistratif ni sur le plan fiscal. Or les
PME/PMI représentent la majorité
des entreprises vanuataises. Il serait
donc souhaitable de les soumettre à
un régime fiscal et social spécifique
leur permettant de créer de l’emploi.
D’autre part, nous travaillons avec le
ministère de l’Économie au dévelop-
pement d’autres filières que le tou-
risme. Il s’agit de créer des synergies
entre plusieurs activités, de manière à
ce que nos entreprises ne dépendent
pas que d’un secteur d’activité. C’est
la clé de notre croissance, faire en
sorte que les gens ne soient pas dé-
pendants du tourisme à 100 %. Qu’ils
aient d’autres sources de revenus à
travers notamment la commercialisa-
tion de produits transformés du sec-
teur primaire tels que l’huile de coco,
le kava, le poivre et la vanille. Plus
nous produirons et transformerons
nos produits sur place et plus nous
deviendrons compétitifs.
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Quels sont les segments inno-
vants pour valoriser et promou-
voir la compétitivité du tissu
entrepreneurial vanuatais ?
Je dirais sans hésiter le secteur du
conditionnement. Car nous produi-
sons d’excellents produits qui ne
sont pas distribués dans les grandes
enseignes, parce qu’ils sont emballés
de manière artisanale. Pour valoriser
notre production locale, à l’image de
la vanille Samson ou des produits
Tanna Farms, nous devons progres-
ser dans le packaging normé afin de
booster la distribution de nos pro-
duits à l’intérieur comme à l’extérieur
du pays.
INDUS
TRIE
INDUS
TRIE
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L’HUILE DE COCO DE TANNA FARMS
L’entreprise Tanna Farms, gérée par une famille vanua-
taise, en partenariat avec une famille néo-zélandaise,
est un bon exemple d’entreprise qui s’appuie sur des
procédés renouvelables et durables. Si certaines usines
de transformation d’huile de coco s’approvisionnent en
matière première à l’étranger, et peuvent constituer un
risque en raison des produits chimiques nuisibles avec
lesquels elle est traitée, Tanna Farms collecte et trans-
forme la noix de coco sur place, à Lenakel, favorisant
l’emploi local et stimulant durablement l’économie de
l’île. Cette croissance contribue à freiner l’exode rural
des jeunes et à améliorer les conditions de vie de toute
la région. Au-delà de l’industrie du coprah, le dévelop-
pement de cette entreprise a relancé l’activité des plan-
tations de cocotiers à Tanna, alors que celle-ci s’était
quasiment éteinte dans les années 80. Aujourd’hui, de
nouvelles plantations voient le jour remettant sur pied
une industrie lucrative pour les petites îles.
“
Faire en sorte
que les gens ne
soient pas
dépendants du
tourisme à 100 %
”