11 DOSSIER Dans le petit appartement de Marguerite Charmot, 101 ans « et quatre mois », Marie-Laure, auxiliaire de vie sociale, passe le balai. Kiki, le chat roux, se cache dans la salle de bains. Ce sont les deux « présences » essentielles de la vieille dame, même si elle vit près de son fils. « Marie-Laure, c’est une perle ! Il ne faut pas la changer ! Elle fait tout sans que j’aie besoin de lui dire quoi que ce soit. Ça tombe bien, je n’aime pas donner des ordres », raconte Marguerite. La pimpante centenaire fait appel à une aide à domicile depuis un peu plus d’un an : « Maintenant, je ne vois plus très bien, il faut m’accompagner, sinon je perds l’équilibre. » Marie-Laure travaille pour la société Âge d’or NC. Elle intervient chez la doyenne des bénéficiaires de l’entreprise pour l’entretien du logement. « Parfois, on a le temps de discuter, de descendre acheter le pain ou une barquette », glisse la jeune femme, souriante. Ce moment de vie, des centaines de personnes âgées dites « dépendantes » le connaissent. Elles font appel à des entreprises d’aide à domicile parce que les gestes du quotidien ne sont plus aussi simples à réaliser qu’avant. Mais pour autant, pas question d’aller en maison de retraite. Du relationnel avant tout Près de 22 entreprises et associations proposent des services d’aide à domicile en Nouvelle-Calédonie. Le but est simple : « Maintenir le plus longtemps possible la personne à son domicile dans les meilleures conditions », résume Valérie Leclerc, directrice du Centre communal d’action sociale (CCAS) de Nouméa. Pour cela, les auxiliaires de vie interviennent dans des domaines très variés : l’entretien de la maison, l’aide à la lessive, aux courses, à la préparation et à la prise du repas, l’assistance au coucher et au lever, le soutien pour les démarches administratives… Ou viennent simplement pour discuter, proposer une promenade, créer du lien. « Le relationnel intervient dans toutes les tâches, au travers d’une présence, de discussions. Mais l’aide à l’entretien du domicile, c’est ce que l’on nous demande le plus », constate Pauline Régniez, responsable secteur chez Cali’Confort. Mais pourquoi toujours cette notion d’ « aide » ? « Nous sommes là pour faire avec la personne, et non pas pour faire à sa place », insistent les gérants de Cali’Confort, Stéphane Duparc, et d’Âge d’or NC, Valérie Léopold. « Nous sommes là pour enrayer la dépendance, pas pour en créer une », soutient Valérie Léopold. Les aides à domicile sont des prestataires de services et non des employés de maison. Ils apportent du confort et rassurent les personnes âgées, permettent au senior dépendant de maintenir un certain quotidien, de garder ses habitudes. Professionnels Car c’est bien là que la différence opère. À quel moment faire appel à une assistance de vie ? Ce qui doit alerter, selon le magazine Guide de l’aidant 2020 édité par la Ville de Nouméa, ce sont « des chutes répétées, un sentiment d’insécurité, des accidents domestiques, une perte de poids, une conduite dangereuse, une alimentation déséquilibrée, un déplacement difficile, un logement négligé ou inadapté… » La famille peut se rendre compte de la perte d’autonomie du proche et alerter les services compétents. « Le secteur de l’aide à domicile ne cesse de se professionnaliser et des services de qualité sont disponibles pour soulager les personnes dépendantes et leurs proches. » Alors on peut se tourner vers le CCAS de sa ville, la Commission de reconnaissance du handicap et de la dépendance (CRHD) ou encore le Pôle gérontologique lorsque l’on réside en province Sud. Il y a 6 niveaux de dépendance : de 1 à 4, la dépendance est forte et prise en charge par un plan d’accompagnement personnalisé. De 5 à 6, les centres communaux d’action sociale peuvent soutenir financièrement la personne âgée. Il est également possible de faire appel à un service d’aide à domicile sur fonds propres. La prestation est alors déductible des impôts. Le relationnel intervient dans toutes les tâches, au travers d’une présence, de discussions
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